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N.Y.L.A. Entertainment Group, a marketing and PR agency, is offering artists and record labels $5000 in the form of grants for their music promotion budgets. From now till June 16, interested parties can apply at NYLAEntertainmentGroup.com/prgrant.htm. All applicants will be informed whether or not they get the gwap by July 16. Only one to three applicants will come out smiling. (Losers won't be too disappointed though.)

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Avant Katrina... Print E-mail
Friday, 21 July 2006 06:41
Maintenant, lorsqu'on parle de la ville de la Nouvelle-Orléans, les phrases sont conjuguées au passé. Mais, avant d'être une immense baignoire, la ville de la Louisiane était une véritable capitale culturelle.

Berceau du jazz et du poker, la Nouvelle-Orléans est une femme. Une femme surnommée «Big easy» (la grande facile), à la réputation sulfureuse. Tristement célèbre à cause de Storyville, le quartier de la débauche où pullulaient bordels, bars et toxicomanes. Storyville était la Mecque du jeu (gambling), de l'alcool et de la drogue. A la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, de nombreuses personnes venaient dans ce quartier pour s'adonner au tourisme sexuel car la prostitution y était légalisée.

Malgré son libertinage, la nouvelle-Orléans est également une femme séduisante, qui chaque année, attire une dizaine de millions de visiteurs. Le tourisme est la principale activité de la ville. Les touristes viennent surtout pour assister au carnaval du Mardi Gras et goûter à la cuisine cajun (les Cajuns ou les Acadiens sont originaires de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick. Expulsés par les Britanniques au 18e siècle, parce qu'ils refusaient d'abjurer leur foi catholique, ils se sont établis en Louisiane car la mer et les marais ressemblaient à leur ancienne Acadie).

La Nouvelle-Orléans fascine. Pourquoi? Parce que c'est une femme unique. Avec San Francisco, c'est la seule ville des États-Unis où il y a le tramway. C'est également la seule ville des États-Unis construite en dessous du niveau de la mer. En Nouvelle-Orléans, il est impossible d'enterrer les cadavres car le sol est trop humide. On place donc les morts dans des tombeaux hors de terre. Voilà pourquoi la Nouvelle-Orléans est souvent appelée –ironie du sort- City of the dead (la ville des morts).

Un surnom qui lui sied à merveille étant donné que la Nouvelle-Orléans est une des villes les plus violentes des États-Unis. C'est la capitale du meurtre. Chaque année, il y a, en moyenne, 800 homicides (à Montréal, il y en a seulement 60). Une personne résidant à La Nouvelle-Orléans, a dix fois plus de "chances" de se faire assassiner que l'Américain moyen. La police, quant à elle, est incompétente: c'est la plus corrompue du pays. La Louisiane est un état où la corruption est institutionnalisée. D'après la légende, il parait que, dans les années 30, un gouverneur de la Louisiane condamné à 10 ans de prison pour corruption avait dit à la fin de son procès: «que voulez-vous, ce sont les risques du métier». Cocasse!

Le taux de criminalité très élevé de la Nouvelle-Orléans est principalement dû à la pauvreté. La ville est peuplée de 500 000 habitants (1 400 000 avec la banlieue). 70 % de la population est noire. 30% des noirs vivent en dessous du seuil de pauvreté. Comme la plupart des grandes villes aux États-Unis, la Nouvelle-Orléans est parsemée de nombreux housing projects (bidonvilles) où croupissent les plus démunis. Dans ces endroits, il y a un «couvre-feu». La nuit tombée, il est conseillé aux visiteurs de brûler les feux rouges s'ils ne veulent pas se faire racketter.

Bien qu'elle soit majoritairement noire, la Nouvelle-Orléans est une femme métissée. Dans ses veines, coulent le sang français, créole et espagnol. C'est ce melting pot qui a donné naissance au jazz. Fondée par les Français et les Canadiens en 1718, elle resta française pendant 46 ans. Les Espagnols assurèrent ensuite l'intérim pendant 41 ans. Elle fut de nouveau récupérée par les Français en 1800 puis vendue aux États-Unis en 1803 par Napoléon.

En 1804, c'est l'indépendance de Haïti. De nombreux Français, accompagnés de leurs esclaves dahoméens, s'installent en Nouvelle-Orléans. La religion des Dahoméens était le vaudou. Les noirs qui vivaient en Louisiane avaient plus de libertés que leurs collègues qui vivaient ailleurs. Les blancs, ayant peur du vaudou, laissaient les Dahoméens pratiquer librement leur culte en Louisiane. Tous les dimanches, les noirs dansaient sur une grande place de la Nouvelle-Orléans, le Congo Square.

Au sein de la communauté noire, il y avait deux catégories : les noirs et les créoles (les mulâtres). Bien que le black code (règle qui interdisait les mariages interraciaux) était en vigueur, les blancs n'hésitaient pas à avoir des relations sexuelles avec les femmes de couleur. En Louisiane, les mulâtres étaient des hommes libres. Ils étaient instruits: ils savaient lire et écrire car leurs géniteurs payaient leurs études. Certains avaient même le privilège d'apprendre la musique, la danse et les beaux-arts en Europe.

Après l'abolition de l'esclavage, de nombreux noirs quittent la Louisiane et s'installent dans le nord des États-Unis. Les blancs furieux, parce qu'ils sont désormais obligés de payer leurs ouvriers, se radicalisent. Le Klu Klux Klan naît. Ce mouvement est à l'origine de nombreuses lois ségrégationnistes dans les années 1890.

Les mulâtres seront les principales victimes. Avant la guerre, ils avaient tous les droits sauf le droit de se marier avec les blancs. Après la guerre, ils sont désormais traités comme des hommes de couleur. On va les entasser dans des ghettos avec les noirs. Cette cohabitation entre les noirs (non instruits) et les créoles (qui sont instruits) va donner naissance au jazz qui est une fusion entre la rythmique africaine et l'harmonie européenne.

La Nouvelle-Orléans, berceau du jazz, est une véritable mosaïque où la diversité de chaque élément fait la richesse de l'ensemble.

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