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Home Franc-Parler Chroniques James Delleck - Acouphène

Backed by a dream team of producers, guest performers and masterminds, he made a spectacular entrance into the game with The Documentary. The cast changed and more control rested on his shoulders the second time around. The formula might have been the same pretty much, but he upped his game with Doctor's Advocate. In his third outing, The Game stays in his comfort zone and changes the cast of participants again. But who are we to complain. He's yet to deceive and tracks such as "Dope Boys," "Game's Pain" and "My Life" indicate that he's in the right direction. L.A.X. is due August 26th

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James Delleck - Acouphène Print E-mail
Monday, 01 March 2004 09:36
   

Il était une fois James Delleck. Il était une fois un ex-rappeur pléonasmique à la tête rasé devenu adepte de l'expérimentation électronique en même temps que des cheveux long. Un ancien compagnon de route de Dontcha passé d'une compilation anti-flic à une montée en apesanteur avec Le Jouage, dans les sphères de la Gravité Zéro. Il était une fois tout et rien, parfois bon, parfois mauvais, quelle que soit l'époque. Il était une fois un artiste éminemment tortueux, capable du meilleur comme du pire. Après avoir écouté la multitude de projets sur lesquels il a posé sa griffe, on serait bien embêté pour le faire entrer dans une case, et ce même si depuis L'antre de la folie le spectre d'une scène rapologique expérimentale plane sur lui dangereusement, au point d'en devenir un écrin confortable où l'enfermer (d'autant qu'il ne fait plus grand-chose pour s'en défaire...). Quoi qu'il en soit, il avait pris soin de nous laisser sa carte de visite : Acouphène.

Avant même d'écouter ce EP, le titre a de quoi laisser perplexe. Une visite chez monsieur Robert s'impose pour se voir répondre qu'il s'agit là d'une sensation auditive anormale, un bourdonnement ou un tintement de l'oreille. Rien de bien engageant a priori... L'intro confirme d'abord cette légère appréhension avec un grattement de vinyle assorti d'un bruit strident peu agréable. Malgré certains côtés repoussants, cette introduction a l'avantage de marquer à la fois la rupture avec un certain académisme des productions habituelles, et surtout, elle installe l'univers d'un artiste peu comparable. Mais c'est qui ? finira de présenter le personnage. Un titre qui n'a d'autre prétention que de rappeler l'identité de son auteur, qui se veut loin des clichés dans une société où le formatage est la première des valeurs. Malgré la qualité et la finesse de certains lyrics, l'instru ne permet pas de transcender ce morceau qui restera comme une entrée en matière honorable.

Puis vient C'est 'in', le morceau autour duquel s'articule ce disque. En effet, il est décliné en pas moins de trois versions dans la première moitié du CD. Critique maligne de la bof attitude d'un milieu élitiste se voulant branché, ce titre trouve sa force dans une production à forte tendance "eigthies", comme pour mieux coller au milieu qu'il décrit. Concept intéressant dont la principale qualité, encore une fois, sera d'être traité avec une finesse certaine, non dénuée d'humour et d'ironie grinçante : "j'ai un Kandinski dans mes chiottes, je lis Kant / Pour me sentir 'in' mais j'suis qu'à la page soixante". Malgré la qualité du titre, on ne peut que déplorer son omniprésence sur un format aussi court, d'autant plus que les remix ne sont pas forcément à la hauteur de la version originale.

Hutch 70', premier morceau instrumental, apporte sa pierre à l'édifice d'un disque cohérent et construit. Cependant, le manque de variation dans le son fait regretter qu'il ne s'agisse pas simplement d'un interlude, malgré le côté entraînant et la touche rétro de la musique. Ce voyage dans le son a en fait pour principal mérite d'introduire un voyage dans le temps, à l'époque des radios libres, et de l'émergence de Radio Nova. Accompagné du Jouage, du groupe Hustla, qui ne démérite pas, le duo vient se placer sur le beat en tant que "pirates des ondes", en faisant l'effort de ne pas tomber dans la critique trop facile. Malgré tout, cela demeure un peu trop convenu, et en dehors du surexploité C'est 'in', le disque peine à décoller en dépit des qualités incontestables de James Delleck.

La bulle signe l'entrée dans la deuxième partie de ce EP : un monde parallèle, inexploré, ou les thèmes autant que les instrus viendront nous surprendre et nous séduire. Ce deuxième morceau instrumental s'avère une parenthèse enchantée, comme pour marquer une sorte de rupture avec le rap avant d'y retourner pour mieux s'y ressourcer. Ce morceau apaisant permet en outre de mieux appréhender la fiction qui se joue dans Antéchrist, un titre d'une puissance rare où James Delleck incarne un psychopathe tourmenté par des forces obscures. L'atmosphère troublante, pesante et indécise se ressent autant dans l'instru qu'à travers la qualité de l'écriture. L'ambivalence du propos, soulignée par les extraits d'un reportage en hôpital, finissent d'installer le malaise... On tient là un des morceaux les plus aboutis de l'album.

Aere ne parvient pas à retrouver ce sommet derrière la légèreté de son thème, notamment à cause d'une instru fade et sans relief. Le piano-voix du dernier titre, Le sourire, sera l'occasion de se racheter. Et de quelle manière ! Evoquer la mort avec justesse n'est pas chose facile, et le ton adopté ici par James Delleck convient parfaitement. Une sensibilité qui ne s'accompagne d'aucun artifice pour un texte qui se ressent. Enfin, clin d'œil au cinéma de David Lynch et à son atmosphère particulière, L'outrolynchien clos la spirale initiée par l'intro, avec les voix d'enfants qui répondent à celles présentes au début du disque. L'ambiance finale laisse planer un climat d'incertitude, de circonspection. On est tenté d'y revenir. On relance le disque, le tour est joué.

En dépit de l'inégalité de certains titres, ce mini-album tient donc largement la route. L'occasion pour "le chevelu au brassard de MC" de tourner une page consistante dans sa discographie. Cette présentation solo accomplie comme il se doit, le champ des perspectives s'est ainsi élargi pour James Delleck, avec notamment la sortie il y a quelques mois de Gravité Zéro, un projet ambitieux qui n'aura pas satisfait les attentes de tout le monde. Comme pour mieux rappeler qu'on balance toujours entre deux eaux avec ce personnage étrange.

  
 
 
Intro
Mais c'est qui?
C'est "in"
Hutch 70'
Radio Libre
C'est "in" (Hip Hop version)
La bulle
Antechrist
Aere
Le sourire
Outrolynchien
 
 
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