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Le film de Kamel Saleh et d'Akhenaton, bien qu'apprécié par la critique, laissait un sentiment mitigé, comme si toute la bonne volonté mise en œuvre par Akhenaton pour mener son projet à bout n'avait pas suffit pour apporter la même force et le même impact au film qu'au morceau du même nom qui figurait sur l'album Ombre est lumière. En revanche, la BO se montre nettement plus à la hauteur et fait figure de haut de gamme parmi les autres supports du genre, en témoignant d'un éclectisme et d'un goût musical irréprochable.
Bruno Coulais, spécialiste du genre, vient ici prêter main forte à un Akhenaton qui s’est appuyé en grande partie sur la structure de la Cosca pour la réalisation de cet album.
C'est donc ici la distribution qui se révèle d'un niveau très élevé, pour un tracklisting aux multiples horizons, réuni sous la bannière méditerranéenne : Le rap reste le genre le plus représenté, l'apport des artistes américains que sont Talib Kweli et Bruizza jouant pour beaucoup dans la qualité générale des morceaux hip-hop. En effet, l'impression laissé par les rappeurs maisons de la Cosca est quant à elle plus que mitigée. Les Psy4 de la rime, sans se transcender, livrent néanmoins une belle prestation annonciatrice - comme pour Chiens de Paille - de leur futur album. En revanche, K-Rhyme le Roi, pour une fois en solo, est loin de convaincre sur La Qibla, tandis que Coloquinte nous sert un titre confus dans lequel on peine retrouver les qualités du duo qu'on a pu percevoir sur différents featurings où ils se montraient plus à leurs avantage.
Et on en vient à la grosse faute de goût de l'album : Belsunce Breakdown, avec un Bouga dont on se demande ce qu'il fout là pour un titre qui ne survit pas à deux ou trois écoutes et surtout, qui dépareille fortement au milieu d'une ambiance qui s'était installée. Fort heureusement, ce titre qui aura joué le rôle de tremplin médiatique pour cette BO, constitue le dernier morceau, et du même coup, il ne plombe pas complètement l'ambiance.
Mais ces quelques faiblesses rapologiques ne doivent pas occulter la performance d'Akhenaton dans J'voulais dire. L'un de ses meilleurs titres depuis longtemps, un joyaux de maturité et de sincérité. Mon coup de cœur personnel reste néanmoins le titre de Chiens de Pailles, Comme un aimant, qui, avant l'album Mille et un fantômes et après Maudits soient les yeux fermés, mettait en exergue toutes les qualités d'un duo artistique sincère et novateur.
Depuis Taxi, l'emballage des films grand publics ne manquent pas de cibler un public amateur de rap skyrockien, il est donc intéressant de noter qu'Akhenaton ne se contente pas ici de ce service minimum (alors qu'il aurait pu reproduire la recette Taxi qui avait fonctionné à merveille). Au contraire, pour mieux rester dans l'ambiance du film, le tracklisting compte des noms prestigieux d'artistes de Soul, tels que Isaac Hayes ou encore Millie Jackson (sur pas moins de 3 titres), et de musique napolitaine. Cunnie Williams apparaît pour un titre mélancolique très agréable, annonciateur de la grande qualité du disque après le très bon premier morceau de Millie Jackson, Prisoners of Love, où Shurik'N, adepte des ambiances tristes, apporte son timbre particulier.
Quoi qu’il en soit, vous ne manquerez pas de trouver votre bonheur entre The Dells, Marlena Shaw ou Dennis Edwards, d’autant que Mario Castiglia ou A Filetta seront autant de bonnes surprises, dans un registre différent, pour ceux qui - comme moi - ne les connaissait pas auparavant.
Ici, profusion ne rime pas avec confusion et la multiplication des genres ne nuit pas à l’ambiance générale pour un disque qui se révèle particulièrement intense et qui s’écoute sur la longueur. Une des meilleures bandes originales qu’il m’ait été donné d’entendre, et ce malgré le niveau mitigé des artistes français.
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